Dossier 5 : Le droit, la règle et les questions de responsabilité
1. Le
droit, une entrée nouvelle et un cadre protecteur
Le droit a fait son entrée dans le système éducatif
depuis les années 90 (affaire du « foulard »). Naissance de l’ère de
l’individualisme. Epoque est contrastée, à la fois la crise de l’autorité et
moment fort d’émancipation. L’individu se sent en fragilité et non plus protégé
par la collectivité mais en même temps il revendique toujours plus cette
liberté qu’il ressent désormais. Le phénomène de montée du droit prend alors
tout son sens.
Le droit permet de se prémunir des dérives
subjectives, individuelles, des abus de pouvoir (voire du totalitarisme) en
fondant les décisions sur des analyses et jugements réputés objectifs puisque
faisant référence à des textes de lois dont on s’est doté collectivement. Il
n’est plus possible de faire sa loi, il s’agit de faire la loi.
Les portes de l’école sont désormais ouvertes, il ne
s’agit plus d’un sanctuaire coupé du monde, besoin de transparence, de cohérence et de justice.
L’école en tant que service public a une obligation de résultat, si ces derniers
ne sont pas atteints c’est peut-être le signe d’un dysfonctionnement
préjudiciable à l’enfant.
L’école a tendance a être vue comme un bien de
consommation par les usagers.
Le CPE est garant du respect du droit dans
l’établissement. Il y a un enjeu important dans l’apprentissage de la règle de
droit pour chaque élève afin de construire en lui le futur citoyen.
2. Le
règlement intérieur
Le droit en France se fonde sur des textes écrits qui
s’inscrivent dans une hiérarchie des normes. Le principe fondamental est que
chaque norme située à un niveau inférieur doit respecter les normes situées au
niveau supérieur à c’est le principe
de légalité. Concernant le RI, cela signifie qu’il doit être en conformité
avec les circulaires, elles-mêmes conformes aux décrets, lois et Constitution.
Il faut donc apporter une attention très particulière a la rédaction du RI
avant de le faire voter au CA.
Le RI a une double valeur, en plus d’être un texte à
forte portée juridique il est également un outil
éducatif à destination des élèves. Il doit donc être lisible par les élèves
tout en étant précis et attractif. En plus de le diffuser, il doit être
expliqué. La présentation du RI dès la rentrée est obligatoire.
Il faut noter que le RI n’est pas contractuel, bien
que l’on demande souvent qu’il soit signé par la famille et l’élève cela n’a
pas de valeur légale. On considère que l’inscription
dans l’établissement vaut pour acceptation de fait du RI.
3. Une
bonne règle
Pour garantir le bon fonctionnement d’un
établissement scolaire, ce dernier doit se doter de règles permettant la vie en
collectivité.
Seuls les établissements où tous font vivre et
appliquer les mêmes règles autant que faire se peut, parviennent à développer
un climat scolaire serein.
La variabilité des règles entraîne une rupture dans
le droit qui n’est plus dès lors un cadre protecteur mais devient un concept
abstrait à entrée possible du sentiment d’injustice.
Une concertation préalable pour faire émerger le
consensus permettra une meilleure adhésion de tous aux règles et par conséquent
une réduction claire des situations de transgression et donc de procédures
disciplinaires.
Il est important de mobiliser les familles tout comme
les élèves, y compris par le biais d’instances type CVL/CVC, pour formuler les
règles de vie et de fonctionnement de l’établissement.
Pour qu’une règle fonctionne elle doit répondre aux
sept critères suivants :
·
Elle existe
·
Elle est
pertinente
·
Elle est connue
·
Elle est non
négociable
·
Elle est claire
et expliquée
·
Elle est juste
et non arbitraire
·
Elle est
évolutive
Le CPE a un rôle fondamental à jouer dans le travail
de réflexion sur la nature des règles et leur pertinence.
4. La
surveillance
Texte de référence est la circulaire du 25 octobre
1996, les principes fondamentaux :
·
La surveillance
commence par le contrôle des absences et des mouvements des élèves
·
La surveillance
n’est pas une fin en soi, il s’agit de conjuguer surveillance et apprentissage
de l’autonomie. L’objectif est qu’à la fin de leur scolarité les élèves soient
autonomes et n’aient plus besoin d’être surveillés
·
La surveillance
est l’affaire de tous et pas uniquement de la vie scolaire
·
C’est le CE et
le CA qui ont la responsabilité des mesures générales d’aménagement de
l’établissement et d’organisation de la vie scolaire.
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